De par son prix (1,5 million d'euros) et le nombre d'exemplaires envisagés (environ 300), on imaginait mal Bugatti écouler toute sa production en un clin d'œil... C'était sans compter sur les géniales idées du Dr Ferdinand Piech, qui a choisi de décliner son bolide en différentes versions, afin d'attirer la convoitise des milliardaires, et ainsi d'atteindre ses objectifs. En attendant la prochaine évolution de la bête, la Supersport, c'est actuellement la version ouverte, la Grand Sport, qui occupe les ateliers de Molsheim, en Alsace.
Après une longue gestation, la Veyron sort enfin au 1/18e (mais aussi au 1/43e) chez Minichamps, "grillé" de longue date par Auto Art, concernant la version coupé. Mais pour mieux séduire les collectionneurs, et faire pardonner sa lenteur, le fabricant allemand ajoute à son catalogue une belle exclusivité : la réplique de ladite Grand Sport. Nous y reviendrons un peu plus loin...
Une fois sortie de sa boîte, illustrée de quelques photos du vrai modèle, le premier détail qui saute aux yeux, c'est la peinture, exempte de tous reproches ! On peut regretter un choix de couleurs peu audacieux, mais l'application type "miroir" nous a ébahis, comme la reproduction toute en finesse des grilles des prises d'air avant et de la célèbre calandre en forme de fer à cheval. Celle-ci se dote d'un entourage façon aluminium anodisé du plus bel effet. La fine ouverture permettant à l'air de s'engouffrer en dessous du fond plat, n'a, bien sûr pas été omise.
Les phares sont, évidemment, finement reproduits, lave-phares compris. Le capot avant apparaît parfaitement ajusté. Son articulation se réalise via deux vérins, finement vissés. Leur cinématique permet plusieurs largeurs d'ouverture, sans faiblir dans le temps. Une fois ouvert, ce capot laisse libre l'accès au coffre, minimaliste, délicatement recouvert de velours noir.
Les essuie-glaces, correctement positionnés derrière le capot, sont moulés en plastique noir brillant, sans photodécoupage ! Mais la finesse est au rendez-vous. Les portières, parfaitement ajustées à la carrosserie, malgré l'absence de montant sur la vitre, profitent d'une cinématique d'ouverture calibrée aux petits oignons, pour assurer cet ajustement au micron. Une fine lame imitant le carbone, souligne parfaitement les bas de caisse. Le chrome, utilisé pour les roues, assure également un rendu hyper réaliste, à l'image des sculptures des pneus. Les roues tournent sans retenue, malgré la présence des énormes "galettes" de frein (imitant parfaitement l'aspect du mélange carbone-céramique) et des étriers siglés Bugatti. Bien sûr, la direction agit sur les roues, comme il se doit à cette échelle.
La partie arrière n'est pas en reste, avec des feux parfaitement intégrés, et fidèlement reproduits. Ils laissent deviner une fidèle imitation de l'éclairage à diodes électroluminescentes. L'imposant sigle formé par les initiales du fondateur Ettore Bugatti, est lui réalisé en photodécoupage. Un grillage métallique, identique à celui vu à l'avant, gère ici, dans la réalité, l'évacuation des calories rejetées par le puissant W16 à quatre turbos. Le monumental extracteur laisse entrevoir la double sortie d'échappements ovales et intègre parfaitement la double sortie rectangulaire centrale. La fine grille entourant cette dernière ne mérite d'ailleurs que des compliments ! Sous la partie arrière du fond plat, se cache un "bouton surprise" qui libère l'énorme aileron de son logement. Magique ! Notez que cet aileron est fonctionnel, et peut être incliné à la quasi-verticale, en position aérofrein. Bien vu ! Il ne faut pas avoir peur d'appuyer très fort, pour lui faire retrouver son
emplacement initial. La fixation est heureusement solide et garantira de multiples manœuvres. La partie visible du W16 semble conforme à l'original. L'emploi de plastique de différentes couleurs assure un rendu fidèle. Malheureusement, le capot moteur n'est pas amovible et ne permet pas de découvrir le reste de la bête ! Regrettable vu le prix de cette miniature.
La sortie de la Veyron chez Minichamps s'accompagne donc de l'inédite version Grand Sport. Même si la base reste identique à celle du coupé, on relève quelques différences : les phares, dotés de diodes et les jantes, notamment, sont spécifiques à la version découvrable. Le toit amovible est lui, composé d'une vitre fumée. Sa forme particulière, assure l'alimentation en air des tubulures de refroidissement moteur. Une fois déposé, il offre un superbe panorama sur l'habitacle, encore plus soigné que celui de la version "standard".
L'ambiance qui règne à bord est celle d'un vrai salon roulant ! Minichamps n'a pas lésiné sur les détails. La célèbre console à gauche du pilote, permettant d'insérer la clé et de libérer toute la puissance (1001 ch), n'a ainsi pas été omise. La planche de bord est complète et les trois cadrans y font aussi bonne figure. Le volant trois branches, accompagné des palettes de changement de rapport, contraste avec l'aspect très brillant, imitant l'aluminium bouchonné, de la console centrale. La montre, les aérateurs, la commande de la climatisation et le levier de la boîte séquentielle y figurent en bonne place. Les coutures sur les sièges font partie de la panoplie, au même titre que la moquette (feutrine) assortie à celle du coffre avant.
Minichamps conserve son savoir-faire avec ces deux très belles réalisations. On pourra juste regretter le choix de coloris tristounets -somme toute plutôt germaniques - et l'utilisation exagérée de plastiques chromés, au touché rugueux, qui toutefois ne gâche pas le rendu global vraiment très bon. Pour finir, le positionnement tarifaire de ces deux modèles nous cause quelques tourments et nous donne à réfléchir sur le bien-fondé de l'investissement (environ 175 euros pièce), mais avons-nous le choix si nous voulons posséder la Grand Sport ? Même au 1/18e, posséder une Veyron, cela a un prix !
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