Ugo Zagato, riche d'une formation métallurgique acquise outre-Rhin, a travaillé, dès le début du vingtième siècle, l'aluminium pour la réalisation de carrosseries légères, tout en restant résistantes aux sollicitations de la compétition automobile. Il appliquera notamment les techniques issues de l'aéronautique, comme les assemblages des panneaux assurés par des rivets. Le travail de la carrosserie Zagato s'articulera surtout sur l'habillage de châssis, destinés à la compétition, mais quelques modèles routiers voient également le jour. Liés très tôt à Alfa Romeo, en particulier dans les années 20, Ugo et ses disciples vont connaître le succès dans les grandes classiques sportives comme les célèbres Mille Miglia, via la marque milanaise.
Après s'être séparés dans les années 30, Zagato et Alfa se rapprochent de nouveau, après le second conflit mondial. Aboutissement de cette collaboration qui dure encore aujourd'hui : la Giulia TZ pour Tubolare Zagato, pesant moins de 700 kg, grâce à sa carrosserie en aluminium sur un châssis tubulaire, et animée par un tonique 4 cylindres double arbre. Ce modèle emblématique pour les deux marques a brillé sur tous les circuits et épreuves routières du monde dans les années 60, aux mains des plus grand pilotes de l'époque. Une Alfa avec un tel palmarès, et une ligne aussi magnifique, méritait bien une belle reproduction au 1/18e ! Vœu exaucé, puisque c'est Auto Art, avec tout le talent qu'on lui connaît, qui s'est attelé à la tâche.
L'application de la peinture rouge écarlate sur la carrosserie en zamak ne souffre d'aucune critique. L'utilisation du noir mat met en valeur l'une des caractéristiques aérodynamiques fondamentales de cette voiture : la fameuse "coda tronca". Littéralement "queue tronquée", issue des travaux du chercheur allemand Wunibald Kamm dans les années 1930, permettant de réduire la traînée aérodynamique et d'améliorer la vitesse de pointe. La profondeur des feux arrière et les éclairages de la plaque minéralogique sont parfaitement symétriques sur cette poupe sombre.
L'ajustement des portières ouvrantes et du capot avant basculant sont à ériger en référence. Signalons également le positionnement parfait de la calandre chromée et la séparation de la poignée et de la serrure sur les portières. Les ouvertures sur le capot (fonctionnelles au 1/18e) permettaient un apport accru d'air frais au moteur. Pour en finir avec le plumage, il faut signaler également le parfait ajustement des globes de phares et des trois lunettes arrière. Les proportions entre le caoutchouc et le jonc chromé, s'avèrent d'une fidélité extraordinaire. Auto Art n'a, bien évidemment, pas oublié la roue de secours, obligatoire en compétition, et parfois bien utile.
Auto Art a reproduit fidèlement une partie de la structure tubulaire sous le capot, ainsi que le boa souple, épousant l'intérieur du capot jusqu'au poste de pilotage. Il fallait bien ramener un peu d'air frais au pilote ! La cinématique de basculement du capot est proche de la réalité, et assure une bonne vue sur le 4 cylindres 1570 cm3. Auto Art a pris soin de détailler l'admission d'air, le ventilateur de radiateur, le faisceau électrique et les suspensions à double triangulation, malheureusement non fonctionnelles. Cependant, l'emploi de plastique fin, autorise une certaine souplesse au modèle une fois posé sur ses roues, hyperréalistes. Bien entendu, la direction fonctionne. On constate cependant, un léger jeu dans la fixation des roues arrière, mais rien de dramatique en soi. Le caoutchouc des pneus se révèle juste assez souple pour supporter cette carrosserie légère, et les sculptures creusées sont d'une infime précision. En jetant un œil sous la carrosserie, on découvre davantage le fin treillis qui compose le châssis tubulaire. Magnifique. Terminons avec l'habitacle, tout de noir vêtu. Seuls les cerclages de compteur chromé ressortent, et mettent en valeur les inscriptions des cadrans. Une fine couche de feutrine compose le plancher –incongru sur une voiture de course généralement dépourvue de ce genre de raffinement– et Auto Art a même pris soin de reproduire le soufflet du levier de vitesse.
La voie est libre, désormais, pour décliner sur cette base, une multitude de variantes de compétition. Auto Art poursuivra a priori la série avec l'Alfa Romeo TZ2, annoncée au salon de Nuremberg. Et, suggestion : la version de présentation du salon de Turin 1962 ne serait pas bien compliquée à reproduire, car seule la calandre et la forme des phares (plus rectangulaires) diffèrent. A bon entendeur !
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